« L’e-sport en Suisse, un potentiel encore inexploité »

Paolo Blasi est directeur de l’entreprise Independent Electronic Sport. Basée à Sion, sa société est spécialisée dans le conseil, la formation et la recherche dans le domaine des sports électroniques. 

À travers ses explications, retour sur une discipline en plein essor, qui reflète les avancées technologiques du monde moderne.

L’e-sport est une activité qui concerne toutes sortes de jeux vidéo. Il s’agit de tournois locaux, nationaux ou internationaux, comme le Championnat du Monde de Tetris, avec des prix pour les finalistes. Cette discipline a commencé à se professionnaliser à partir des années 2000.

Planète Sports (PS) : Le sport électronique a-t-il évolué depuis les années 2000 ?

Paolo Blasi (PB) : À ses débuts, l’e-sport s’est beaucoup développé en Corée du Sud. Aujourd’hui, en Europe, seules la France et Saint-Marin disposent d’une législation spécifique sur les sports électroniques. D’autres pays comme la Serbie, la Pologne, la Finlande ou la Macédoine ont procédé à une reconnaissance officielle. Cette discipline continue à prendre de l’ampleur. Par exemple, en 2024, la Coupe du Monde des e-sports a eu lieu en Arabie Saoudite, avec une cagnotte de 60 millions de dollars. Un autre événement significatif, « The International de Dota 2 », s’est déroulé en 2021. L’année prochaine, les premiers Jeux Olympiques d’e-sport seront organisés en Arabie Saoudite.

Octobre 2024 compétition internationale à Lausanne.

PS : Qu’en est-il de la situation en Suisse ?

PB : Pour l’instant, c’est encore un peu le Far West, même si des équipes professionnelles et amateurs existent. La Suisse n’a pas encore accueilli de grands événements tels que « l’Intel Extreme Masters » en Allemagne ou « la DreamHack » en Suède. Habituellement, en Suisse, les événements liés aux sports électroniques sont de plus petites activités telles que Polylan ou HeroFest, mêlant parfois jeux vidéo, cosplay et manga. En Suisse, l’e-sport n’est pas considéré comme un sport à part entière. Le seul canton qui reconnaît cette discipline est Genève.

Compétition internationale à Seattle (USA).

PS :  Pourquoi ce manque de reconnaissance ?

PB : Le développement des sports électroniques en Suisse est freiné par un manque de financement. L’État n’a pas encore saisi que cela peut être un véritable business et préfère investir dans d’autres sports traditionnels comme le football, le hockey ou le ski de piste. Pour se justifier, la Confédération utilise des arguments tels que le manque d’activité physique lors des tournois ou la violence de certains jeux vidéo durant les compétitions. La Suisse reste très en retard en comparaison à d’autres pays tels que l’Arabie Saoudite, la Corée du Sud ou encore Taïwan.

Esports World Champions.

PS :  La situation va-t-elle s’améliorer ?

PB : Oui, je l’espère. Depuis l’annonce des premiers Jeux Olympiques d’e-sports en 2025, la Suisse discute pour officialiser cette discipline, ce qui lui permettrait d’envoyer une délégation de joueurs à cette compétition. Je pense que d’ici peu, l’État va reconnaître les sports électroniques comme une activité sportive. Avec une reconnaissance officielle, l’e-sport pourrait se professionnaliser davantage en Suisse. Cela offrirait une opportunité unique à la Suisse de rejoindre un mouvement mondial et de ne pas rater cette révolution technologique.

Texte : Olivia Zufferey

Photos: Paolo Blasi

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