Le bénévolat n’a plus de secret pour Jean-Christophe Carrupt, qui, pourtant à la retraite, continue d’offrir son temps pour les manifestations chablaisiennes. Exemplaire dans l’investissement actif au sein de la vie associative de sa région, il nous raconte son histoire.
PS : Tu n’es pas originaire du Chablais, explique-nous ton chemin.
JC : Je suis originaire de Chamoson. Mes parents ont déménagé sur Aigle quand j’avais 7 ans, j’y ai fait mes écoles et suis resté dans la région. Je vis à Monthey depuis 1998.
PS : Comment as-tu commencé à t’investir dans un mandat de bénévolat ?
JC : Avec ma femme Barbara, nous avons suivi les enfants… Notre fils faisait du hockey à Monthey dans les années 80. Le HC Monthey cherchait quelqu’un pour gérer la buvette dans les gradins de la patinoire, j’ai repris la gérance. Voilà comment l’histoire a démarré. Pourtant, j’avais bien dit à l’époque que jamais je ne rentrerais dans un comité ! Avec la gestion de la buvette, je pouvais rester indépendant et aller à mon rythme. Puis après, tout s’est enchaîné, je donnais des coups de main au sein de Monthey HC; je me suis retrouvé à m’occuper d’une équipe, j’ai aussi fait le chauffeur puis un peu de coaching.

Avec sa femme Barbara un duo de choc.
PS : Toi qui n’en voulais pas, comment s’est passée ton intégration dans un comité ?
JC : Quand tu sembles être disponible et content, on vient te demander de l’aide pour les manifestations, comme le bar du 31 décembre, le carnaval, les soupers de soutien, toutes les manifestations où le HC Monthey se mettait en vitrine. J’ai fait ça pendant une bonne quinzaine d’années. Au début, tu t’impliques dans le club sportif de tes enfants, puis, au final, tu te retrouves à participer intégralement à la vie du club. Je suis rentré dans mon premier comité avec la nouvelle entité MCHC (Le Monthey-Chablais Hockey Club), faisant suite à la fin du HC Monthey. Il faut dire que ma femme, Barbara, faisait déjà partie du comité. Je me suis alors occupé des manifestations.
PS : Les enfants grandissent vite, mais ta femme et toi semblez être toujours sur tous les fronts ?
JC : Oui, effectivement, les enfants grandissent, mais on a continué de s’investir, même sans eux. En fait, tout était un peu lié au sport. Pour le 7e Festival olympique d’hiver de la Jeunesse Européenne (FOJE) qui s’est déroulé à Monthey en 2005, nous nous sommes investis pour le volet du patinage artistique sur le site de Monthey. Je me suis occupé du catering dans le hall du tennis et Barbara a fonctionné comme assistante du responsable de la compétition. Grâce à la participation à de tels événements, tu commences à connaître du monde, tu construis ton réseau, comme une petite communauté, cela crée des liens. Les mandats deviennent aussi de plus en plus faciles, car avec la pratique et l’expérience, tu sais comment cela se passe. C’est très enrichissant pour la vie sociale. Il est vrai que Barbara et moi-même aimons aider, partager et transmettre.
PS : Dans quelles sociétés ou associations as-tu également œuvré ?
JC : En son temps, j’avais fondé une équipe de hockey corporative avec les collègues de mon lieu de travail à l’hôpital Malévoz. En fait, c’est à ce moment-là que j’ai commencé à patiner, en 1978. Puis d’autres disciplines sportives se sont rajoutées et j’avais ainsi repris la présidence du club de Malévoz pendant une quinzaine d’années. Je suis également membre du comité de la course La Montheysanne depuis une dizaine d’années, en charge du département des infrastructures.
PS : Et puis, il y a eu la grande aventure de l’ICHT ? (International Chablais Hockey Trophy)
JC : Oui, je ne voulais pourtant pas vraiment y participer ! Mais j’ai fait une remarque à un des membres du comité fondateur du tournoi… Mal m’en a pris, on m’a vite demandé de m’occuper de la buvette pour la manifestation. La deuxième année, la personne en charge a démissionné et j’ai donc repris sa place au sein du comité de l’ICHT. Par concours de circonstances, j’ai finalement repris la gestion du dicastère des infrastructures. Pour pouvoir gérer les deux – buvettes et infrastructures, Barbara m’a rejoint en tant que membre du comité lors de la 3e édition de la manifestation. À ces fins, nous étions également chargés du bar de l’ICHT lors de la fête de la musique à Monthey pendant quelques belles années.

Avec son fils Thomas, l’ ICHT était entre de bonnes mains.
PS : Et actuellement ?
JC : Je viens juste de participer au festival de musique classique de Monthey, Les Ondes Festival. Puis, je recommence une nouvelle carrière de bénévole chablaisien avec le championnat du monde de Pumptrack qui aura lieu à Monthey en 2025. Je m’occuperai de la restauration à l’intérieur de la patinoire. D’ailleurs, l’inauguration des infrastructures tiendra place au Verney le 14 septembre 2024.
PS : Le mot de la fin :
JC : Une page s’est tournée quand même. Pendant longtemps, j’avais mon réseau, des gens qui me suivaient dans ces aventures et sur qui je pouvais compter. De nos jours, le problème se sont les bénévoles, trouver des personnes qui veulent bien s’investir sérieusement. C’est de plus en plus difficile, et je dois avouer que là, je commence à avoir de la peine…
Texte : Julia Delattre
Photos: Jean-Christophe Carrupt